Darra (Khyber Pakhtunkhwa), Pakistan

Reportage à Darra


La ville de Darra Adam Khel plus communément appelée par son nom écourté, Darra, fait partie des zones dites tribales, qui sont propres au Pakistan. Elles comprennent des territoires frontaliers à l’Afghanistan dans lesquels, le gouvernement pakistanais a accordé une autonomie aux tribus, qui de ce fait gèrent l’administration ainsi que l’accès à leur territoire. Le gouvernement pakistanais, les considère comme étant des régions troubles. Alors, suivant la tribu, un touriste doit obtenir une autorisation délivrée par l’agence des affaires intérieures dans laquelle, les différentes tribus ont un bureau ou un représentant. Enfin, suivant les différentes zones tribales, un étranger se verra attribué ou non un Gun Man ou homme armé, qui lui servira à la fois de guide et comme une sorte de garde du corps chargé de sa sécurité

Extrait d’un carnet de voyage:

Aussi, accompagné de notre indispensable Gun Man, dont l’âge ne me semble pas dépassé la vingtaine d’années, de petite taille, vêtu de sa shalwar kamiz, coiffé par un béret souple noir et bien sûr équipé de son indispensable fusil, ressemblant plutôt à un beau jouet, nous montons alors dans un petit bus qui quitte rapidement le quartier. Nous sortons de Peshawar par le sud et après une bonne heure de route en cette journée ensoleillée, nous arrivons enfin à Darra qui se trouve dans une région très sèche, voir aride. Le véhicule s’arrête alors aux abords de la rue principale du petit village qui va s’avérer être un monde que je n’ai jamais encore vu car son originalité va être proprement insoupçonnée.. Étant descendu du véhicule, je pénètre dans le petit village, plutôt un hameau pour être précis. Tout le long de la rue principale en terre, d’une largeur permettant juste le passage d’un véhicule, je découvre alors une multitude d’échoppes ou en fait s’activent ni plus ni moins, des fabricants et marchands d’armes! Ainsi, dans une première échoppe, je peux voir un adolescent qui a l’aide de sa fraiseuse, une machine imposante de 2 mètres de long et de haut, est en train d’usiner un des composants d’une arme, puis continuant mon chemin, dans l’échoppe suivante, un artisan d’une trentaine d’années cette fois-ci, à l’aide de son ciseau à bois, façonne la crosse d’un fusil, là accroupi sur le sol. Me retournant, derrière, dans une autre échoppe, un autre artisan est visiblement en train de faire la mise-au-point de ce qui me semble être, ni plus ni moins une mitrailleuse, d’un calibre d’environ 12,7mm (d’après la mémoire de mon service militaire), montée sur son trépied! Et, sans m’arrêter, dans l’échoppe voisine, à même le sol, ici sont regroupés dans des paniers d’osier et des boites métalliques tous les composants nécessaires pour fabriquer des cartouches de différents calibres c’est-à-dire: la poudre et les différentes tailles de douilles et de balles. Ainsi, passant de surprise en surprise, ma curiosité est ponctuée par des coups de feu qui sonorisent ma visite; l’intensité et la fréquence de ceux-ci correspondent en fait aux calibres des différentes armes utilisées, un coup de pistolet n’a pas le même son qu’un tir de fusil et le crépitement d’une mitrailleuse n’a pas la même fréquence qu’un tir unique au fusil.. Et puis là, comme tout bon marchand, un vendeur apercevant ma curiosité, me propose alors pour quelques roupies de tirer avec l’arme de mon choix: pistolet, fusil, fusil d’assaut ou mitrailleuse, non loin de son magasin, dans une zone de tir du petit village.. À Darra, tout est proposé et semble possible concernant les armes. Enfin, une dernière échoppe attire particulièrement mon attention car sur différents présentoirs, sont exposés quasiment tous les types d’armes produites dans ce lieu réellement incroyable; que cela soit des copies du fameux fusil russe Kalachnikov AK 47, ou de son équivalent chinois avec sa belle crosse rouge, que cela soit différents modèles de pistolets, sans oublier bien sûr, les balles, de tous calibres présentées dans leur boite ou dans des cartouchières habilement décorées et disponibles à volonté. Naviguant ainsi d’une échoppe à l’autre, je demande alors aux artisans si je peux les prendre en photo. La plupart d’entre eux me laisse les photographier mais je suis quand même conscient que cela ne plait pas à tout le monde malgré que l’esprit du lieu soit plutôt bon enfant. Étonnant!


En exposition

Une idée pour décorer votre intérieur

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